Existe-t-il de nos jours une perspective plus vertigineuse que celle de l’Internet ? Nous voici plongés désormais dans ce qui ressemble peut-être à une Cinquième dimension, celle de la connaissance universelle accessible sur un petit écran, de chez soi, dans la quiétude d’une bibliothèque qui ne serait consacrée que pour soi, celle du songe encyclopédique à portée de souris dont ont sans doute rêvés D’Alembert et Diderot, celle du voyage immobile. Composez sur votre clavier n’importe quel mot, une phrase à votre fantaisie, faites un « clic », et vous aurez une réponse en une poignée de nanosecondes. Vous aurez toujours une réponse et quelqu’un pour vous la proposer, pour vous l’expliquer.
Voilà donc qu’on nous livre, de
partout, dans toutes les langues et sous toutes les formes, un inventaire sans
cesse remodelé du savoir dans lequel, pour reprendre Diderot, il est question
de « tout examiner, tout remuer sans exception et sans ménagement ».
Voilà qui est à la fois troublant et
formidablement tentant
Rien d’étonnant dans ces conditions
que le passage vers internet me soit apparu, pour ainsi dire, déterminé par
cela, et même inexorable. Pour qui écrit et aime écrire des livres, c’est une
occasion si exceptionnelle qu’elle en est devenue naturelle.
À toutes et à tous, je souhaite une
agréable et fructueuse navigation.
Fabrice Defferrard.